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jeudi 26 mai 2011

Cuisine politique


Cuisine + politique = tambouille. Quand on parle de cuisine en politique on pense plutôt à "tambouille politicienne" (magouille, arrangement), contraire à l'art noble de la politique. Mais existe-t-il une cuisine de droite et une cuisine de gauche, ou la cuisine peut-elle transcender les conflits politiques ? Quels ingrédients utiliser pour réaliser une cuisine de gauche ?
Nos représentants à l'Assemblée Nationale l'ont bien compris, la cuisine est importante pour leurs administrés. Dans un livre paru cette semaine, 177 députés nous livrent chacun une recette, hommage à la gastronomie française. L'ensemble des formations politiques a participé (excepté Europe Écologie), montrant un attachement commun à la cuisine régionale. A priori pas de différences majeures entre la cuisine d'un député de droite et celle d'un député de gauche. A défaut de pouvoir cuisiner votre député (ou vos opinions politiques), vous pourrez cuisiner comme lui !
Mais lorsque l'on cherche un peu, on observe que la cuisine peut être utilisée à des fins politiques. Rappelons-nous il y a un an ces tentatives d'apéros " saucisson - pinard ", organisés dans le quartier populaire de la goutte d'or par des membres des jeunesses identitaires. Ils utilisèrent des produits considérés comme "franchouillard" pour lutter contre une "islamisation" de la France et défendre la laïcité française. Ils tentèrent alors de s'approprier ces produits comme des éléments de la bataille politique.
La cuisine de gauche c'est peut-être alors une cuisine multicolore et populaire, symbole d'une France métissée. Vous avez des recettes ?
Et pour les étudiants en communication politique, voici un exemple de ce qu'il ne faut pas faire par Patrick Ollier (à partir 6 min 40) : c'est ici

jeudi 19 mai 2011

La droite chocolat

Scoop : on ne mange pas au Fouquet’s matin, midi et soir quand on est de droite. D’abord parce que c’est trop cher mais surtout parce qu’on n’en a pas forcement envie. Ce n’est pas un hasard si le nom de ce fameux restaurant a souvent été utilisé et accolé à Nicolas Sarkozy depuis mai 2007. La nourriture a souvent été un critère dépréciatif, que ce soit pour la gauche ou pour la droite. Il y a d’abord eu la gauche caviar, utilisée pour décrire les Hommes politiques de gauche qui se seraient égaré hors de la rigueur socialiste et du peuple. Les temps ont changé et aujourd’hui, le caviar a laissé sa place au socialisme champagne incarnée entre autres par Dominique Strauss Kahn. Face à dernier, on trouverait une droite cassoulet, franchouillarde et ringarde. 
Les Hommes d’Etats ont souvent été caractérisés par leur plaisir de la bonne chère. Ainsi Jacques Chirac mettait souvent en avant sa passion pour la tête de veau. Symbole de la France provinciale et traditionnelle ? Nicolas Sarkozy, lui, ne cache pas lui son appétit pour le chocolat. Faut il voir dans le caractère universel du chocolat un signe du temps ? Le fait que le chocolat soit un aliment affectif, lié à l'enfance dit-il quelque chose du Président de la République ?
Va-t-on voir l’émergence d’une droite chocolat ? Une droite ouverte sur le monde et affective ? Puisque, heureusement, cette question n'aura sans doute jamais de réponse, je vous livre une de mes recettes favorites, le fondant au chocolat :
Le fondant un chocolat.
Les ingrédients : 
- 200 g de chocolat (le chocolat Nestlé pour gâteaux) 
- 120 g de beurre 
- 150 g de sucre 
- 2 oeufs 
- 80 g de farine 
- Un peu de lait (un cm d’un verre)
La recette : 
- Dans une casserole, couper les petits morceaux de chocolat et les faire fondre avec le beurre à feux doux 
- Quand l’ensemble est fondu, le verser dans un grand saladier 
- Rajouter le sucre, touiller 
- Casser les deux œufs et les rajouter, touiller 
- Verser la farine, touiller 
- Verser le lait, touiller
- Mettre dans un plat beurré (de préférence un plat haut et rectangulaire) 
- Mettre dans le four à 180° pendant 10 à 15 minutes (quand on plonge un couteau pointu dans le gâteau et qu'il ressort avec un peu de chocolat fondu mais pas trop, c'est bon).

mardi 17 mai 2011

Qui sont vraiment les assistés ?

Il y a une semaine, avant que l’actualité sur les frasques du directeur du FMI n’emporte tout, une polémique a été lancée par Laurent Wauquiez. Celle-ci continue la stratégie utilisée depuis le début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, où chaque semaine, des pseudos annonces incontrôlées viennent nourrir de nouvelles polémiques. On en a eu sur l’immigration, sur la laïcité..., permettant à chaque fois au gouvernement d’aller toujours plus loin dans sa polémique. On teste, on tape sur les doigts et quelque mois après on sort une loi. 
Pour le ministre chargé des questions européennes (a priori il n'a pas assez de travail avec son ministère), le cancer de la France c'est les chômeurs, les assistés, tous ces feignants qui veulent juste se la couler douce aux frais du contribuable. Pourquoi en échange de l'argent, qu'on leur donne bien généreusement (rappelons que en moyenne c'est 422 euros en 2009), ils ne pourraient pas travailler au lieu de rester à glander ? Je me demande alors : s'il y a du travail pour les allocataires du RSA sur des missions utiles, pourquoi ne pas embaucher des gens pour les remplir ?
Ce à quoi on nous répond qu'ils préfèrent ne pas travailler car ils gagneraient moins qu'avec les allocations. Je regarde mon bulletin de salaire. Je gagne 570 euros à mi-temps payée au smic... Sachant que pour toucher celui-ci pour les moins de 25 ans, il faut avoir travailler au moins 2 ans sur 3 années (ce qui ne laisse pas beaucoup de temps...). Alors que l'on est en période de crise économique, que les licenciements continuent, que le premier licencieur de France est l'Etat, on peut se demander comment on peut accuser les victimes de cette crise d'être les cancers de la France.
Sachant qu'au même moment, une réforme de l'ISF va permettre aux riches d'être encore plus riche (parce que ce sont eux les vrais travailleurs en France...). On préfère dénoncer ceux qui ont moins de 700 euros par mois, plutôt que les compagnies qui continuent de licencier malgré leurs bénéfices, ou encore les familles qui se sont enrichis grâce au paquet fiscale qui a fait perdre de l'argent à l'Etat.
C'est peut-être eux les assistés. Car depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, les lois se sont enchainées pour leur permettre de gagner plus d'argent. Le système actuel ne favorise pas les plus pauvres depuis 4 ans, mais les plus riches.

Alors oui cessons l'assistanat des plus riches ! 

L'assistanat.

Assistanat. Je suis persuadé que c’est en partie sur ces quatre syllabes que Nicolas Sarkozy a gagné les élections de 2007. Lors de ses meetings, c’était en tous cas sur ce thème et sur celui de la réhabilitation du travail qu’il était le plus applaudit et qu’il soulevait les foules. 
Laurent Wauquiez a remis le mot au goût du jour en proposant « cinq heures de travail hebdomadaire » en contrepartie du versement du RSA. Tout ce que Paris compte de journalistes et d’Hommes politiques, membres de la majorité compris, ont fustigé les propos de Laurent Wauquiez. Pourtant, il semble que sa proposition ait reçu un accueil positif de la part des français. Il faut toujours parler des sondages avec précaution, néanmoins, 70% des français seraient favorables à une telle mesure.
Sortons de la caricature : il ne s’agit pas de traiter les chômeurs de fainéants mais d’inciter à la reprise d’un emploi. Le RSA est d’ailleurs est un dispositif qui va dans le bon sens, son but est d’encourager les chômeurs à reprendre un travail en assurant qu’ils gagneront véritablement en choisissant de ne plus bénéficier des prestations sociales. Toutefois, il présente des effets pervers : « un salarié à mi-temps payé au SMIC et touchant le RSA, avantages compris, gagnerait plus que celui qui touche un SMIC en travaillant à temps complet dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée. » Comment peut on favoriser le travail dans une société où on travaille moins pour gagner plus ?

Je ne comprends pas en quoi demander aux bénéficiaires du RSA sans emplois de travailler pour la société est indécent. Comme si le travail lui même était un mal absolu. On peut imaginer que quelques heures de travail pour la collectivité ait des répercussions positives tant pour les personnes concernées que pour la communauté. Cela permettrait de remettre ces personnes dans une dynamique positive de travail et de recréer du lien social autour d’un projet. Comme le dit François Hollande, cela permettrait aux chômeurs de « prendre leur place dans la société, de servir au bien public. »
Car s'il est normal que la société dépense pour la solidarité, il est normal que ces dépenses aillent dans le bien commun de tous.

lundi 16 mai 2011

Pourquoi je suis de gauche ?

En voici une question importante. Je pourrais me livrer à une introspection de mes origines et vous faire tout un laïus sur mon enfance... Mais pour économiser vos petits yeux, je ne ferai pas aujourd'hui ma thérapie personnelle, mais seulement un résumé non-exhaustif de ce qui m'a amenée à m'engager, car je crois que c'est là le plus important. Chacun a ses raisons de le faire. 
Ce qui est le centre de mon engagement à gauche, c'est la lutte contre les inégalités, de sexe, d'origine, d'orientation sexuelle et sociales. Tout ceci en constitue le noyau. C'est ce qui a fait de moi une militante syndicale. Parce qu'en étant là pour informer les gens sur leurs droits, on permet à chacun d'avoir les outils pour se défendre. Mais c'est aussi ce qui a fait de moi une militante politique parce que je crois au changement de notre société.
Attention, je ne vis pas dans le monde des bisounours. Je crois à une société plus égalitaire et moins discriminante. Je n'inventerai rien en reprenant une phrase de Jean Jaurès : "partir du réel pour aller vers l'idéal". Et le moins que l'on puisse dire sur le réel actuellement, c'est qu'il n'est pas beau à voir et qu'il a bien besoin d'être changé. La politique de la droite, en matière économique, éducative, migratoire, n'a été qu'une suite de régressions pour les Français. Les inégalités ne font qu'augmenter. C'est pour cela que je m'engagerai dans la campagne de 2012, quelque soit le candidat de la gauche. Il faut avant tout une autre politique. 
Mais pour que cela change il faut s'engager. 
Et vous de gauche ou de droite ?

Pourquoi je suis de droite ?

Quand on vote à droite, surtout quand on est jeune, impossible de passer à côté de cette question qui sonne souvent dans la bouche de celui qui la pose comme un des derniers mystères de l’univers à résoudre. Chez le curieux, elle se positionne entre ses doutes sur la zone 51 et ses questionnements sur la raison qui pousse les touristes des bateaux mouches à saluer les piétons qu’ils croisent sur les berges. Pourquoi ? Pourquoi être de droite ? 
Le stéréotype le plus répandu consiste à dire que la gauche tend vers un idéal d’égalité tandis que la droite penche vers la liberté. C’est pourtant cette réponse que j’avance en premier pour expliquer mon positionnement politique. Oui, la liberté est selon moi LA valeur fondamentale. Cette notion de liberté passe par les libertés individuelles mais touche aussi un sujet essentiel : la liberté économique. Je suis en effet persuadé que le social découle de l’économie et non l’inverse : la création de richesses dépend de la liberté et de l’encouragement à entreprendre. 
Je crois aussi à certaines valeurs qui structurent la société : l’autorité, le mérite,... Je ne suis pas un béni-oui-oui de la modernité et ne pense pas que ce soit un but en soi. 
Plutôt Hobbesien que rousseauiste, je pense moi aussi que l’Homme est un loup pour l’Homme. L’être humain n’était pas bon, c’est donc pour moi la volonté individuelle qui est moteur de la société, c’est grâce à l’intérêt particulier de chacun qu’on aboutit à l’intérêt général.
Le fait que mon premier vote coïncide avec les élections présidentielles de 2007 est aussi l’une des raisons qui me poussent à être de droite. Si je crois plus aux Hommes politiques qu’à leurs partis, c’est parce que j’ai été dès 2007 convaincu par Nicolas Sarkozy.
Pour toutes ces raisons et d’autres encore (le fait que je mange du caviar à la louche et que je possède trois chauffeurs), il est donc temps pour moi de le dire haut et fort en faisant mon coming-right : oui, je suis de droite !

mardi 10 mai 2011

Pourquoi ce blog ?

On peut être les militants de deux camps politiques opposés et avoir des goûts en commun : écouter Deerhunter ou Arcade Fire, ne pas aimer Lionel Ritchie ou l’andouillette. Fort de cette découverte, deux étudiants en communication politique ont voulu aller plus loin et même jusqu’à l’impensable : échanger des idées et débattre. A travers ces discussions, nous sommes arrivé à deux conclusions. La première : une militante PS n’a pas forcément les cheveux sales, un militant UMP ne porte pas obligatoirement un pull noué autour du cou ayant les mêmes couleurs que ses chaussures bateaux. La deuxième : il existe bien une différence entre la droite et la gauche, mais un camp comme l’autre développe des choix de société, aucun des deux n'est le mal absolu. 
En 2007 Salomé a voté Royal et Mickaël a choisi Sarkozy. En 2012, l’un militera dans les rangs de l’UMP, l’autre au PS. Malgré tout, nous voulons montrer une chose toute simple : on peut ne pas être d’accord mais échanger, discuter et même comprendre la position de l’autre. Soyons prétentieux, n’ayons l’air de rien : nous souhaitons également que nos articles suscitent vos réactions, votre avis a tout autant que le notre sa place dans le débat.